2048: les versions seins et pénis

Si vous traî­nez sur Inter­net ou sur votre smart­phone, vous avez sans doute décou­vert le jeu 2048. Le déve­lop­peur ayant laissé son code en libre accès, de mul­tiples ver­sions paro­diques sont appa­rues. Et notam­ment deux, mais il y en a peut-être d’autres, à carac­tère sexuelle.

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Pour jouer aux jeux, il faut cli­quer sur les images.

 

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Au-delà du plai­sir des gifs, l’idée n’est pas inin­té­res­sante. Comme pour le 2048 ori­gi­nal, on pour­rait ima­gi­ner que les auteurs pro­posent un che­mi­ne­ment vers la bite et les seins par­faits. Même si on ne par­tage pas for­cé­ment le même point de vue esthé­tique, l’auteur aurait pu aller des plus petits vers les plus gros, ou l’inverse, des poires vers les melons, etc. Mal­heu­reu­se­ment, ce n’est pas le cas pour les poi­trines. On n’est pas allés jusqu’au bout, mais ce ne sont que des grosses paires qui se trémoussent.

 

Pour les pénis, c’est plus rigolo. Il y a une vraie évolu­tion dans les gifs, ils s’améliorent au fil des fusions. On a notam­ment appré­cié le joli sexe nyan cat.

 

Lick me B****

 

Parce qu’à L’imparfaite, on pense que beau­coup de gens ne font pas assez de léchouilles, donc sui­vez les conseils éclai­rés que dis­pense Erika Moen sur le maga­zine Bitch: Femi­nist Res­ponse to Pop Culture et tout le monde sera bien plus content-e !

 

On Bitch Magazine, by Erika Moen

Source du comics ici.

 

Et d’ailleurs, le maga­zine Bitch est une très bonne revue (en langue anglaise), qui existe depuis 1996 et dont la réflexion fémi­niste sur le monde média­tique et la culture popu­laire appro­fon­dit tou­jours les com­plexi­tés des réa­li­tés gen­rées aux­quelles on se confronte tous-tes. Donc n’hésitez pas à aller y jeter un oeil !

 

 

Les cathos tradis n’aiment pas que «Tous à Poil» soit vendu à Sciences Po

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Via les Inter­nets, on est tombé sur ce papier amu­sant des auteurs du Rouge et le Noir, une «gazette catho­lique de réin­for­ma­tion». Ils ne sont pas du tout contents que Tous à Poil soit vendu à la librai­rie de Sciences Po.  «Bien placé dans les rayons, au milieu de titres aus­tères, cet ouvrage étonne : est-ce pour mieux col­ler aux aspi­ra­tions des jeunes étudiants de Sciences Po, rebu­tés par les lec­tures élitistes ? Par « sub­ver­sion » ? Si la librai­rie de Sciences Po s’imagine cho­quer l’ordre établi, elle est gro­tesque», écrivent-ils.

 

«De leur côté, les nudistes non-pratiquants de Sciences Po appré­cie­ront ce pro­sé­ly­tisme qui vient à l’encontre des prin­cipes de laï­cité», continuent-ils. Espé­rons qu’ils ne découvrent pas trop vite que cette librai­rie pro­pose aussi L’imparfaite, revue dans laquelle il est arrivé que des étudiant(e)s de l’IEP posent nus. Cela risque de défi­ni­ti­ve­ment les traumatiser.

Ren Hang, sexe, amour et censure chinoise

 

 

Le jeune pho­to­graphe chi­nois Ren Hang expose à la gale­rie Nue, à Pan­tin. Tout le monde en a parlé. Nous sommes vrai­ment très heu­reux de cette recon­nais­sance. La pre­mière fois que nous l’avons publié, c’était en mai 2011 (puis à nou­veau dans notre der­nier numéro). A l’époque, il n’avait qu’un Fli­ckr, on échan­geait dans un anglais aléa­toire, il met­tait par­fois long­temps à répondre, pre­nant de mul­tiples pré­cau­tions pour ne pas être repéré par la censure.

Bravo à lui. Vous pou­vez aller voir l’expo jusqu’au 14 mars.

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Et sinon, vous connais­sez notre pro­jet les corps imparfaits?

 

 

 

Barneys, Bruce Weber et le genre

 

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A  New York, il y a un grand maga­sin, et ce grand maga­sin a demandé à un grand pho­to­graphe de racon­ter des his­toires. Ces his­toires sont celles de per­sonnes trans vivants aujourd’hui dans cette ville. Toutes racontent leurs che­mins, et posent avec les membres de leur famille et leurs ami(e)s qui les ont tou­jours sou­te­nues. Ces images sont belles, leurs mots aussi.

L’ensemble de la cam­pagne se trouve ici

 

 

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Let’s get down to some sci-fi porn with Shu Lea Cheang

 

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Shu Lea Cheang lors des audi­tions pour Fluid : the movie au Danemark

 

Si vous êtes par hasard à Ber­lin et que vous vous sen­tez l’âme actrice, n’hésitez pas à ten­ter votre chance lors du cas­ting pour le pro­chain film de la réa­li­sa­trice taï­wa­naise Shu Lea Cheang.

 

 

Après I.K.U. son pre­mier film de sexe futu­riste sorti en 2000 (et pre­mier film por­no­gra­phique pré­senté au fes­ti­val Sun­dance), elle conti­nue dans la veine science-fiction por­no­gra­phique avec Fluid : the movie. Le sce­na­rio est basé dans une réa­lité « post-SIDA », où le virus du SIDA aurait muté chez cer­tains indi­vi­dus en un fluide blanc conver­tible en drogue ultra-sexuelle. Dans une ambiance mêlant William S. Bur­roughs et Blade Run­ner, les por­teurs du fluide sont donc chas­sés par tout le monde, des répli­cants résis­tants à la drogue mis­sion­nés par le gou­ver­ne­ment aux barons de la drogue qui voient en eux l’avenir de leur fortune.

 

Pour le film, Shu Lea Cheang recherche donc des  « gender-fluid human and non-human who can act, suck, jerk, fuck, eject and get vir­tual high to join the cas­ting ses­sion » .

 

N’hésitez plus, le cas­ting est demain, envoyez juste votre CV pour vous ins­crire, toutes les infos ici.

 

 

 

Bonjour madame, bonjour monsieur, est-ce que je peux vous rejoindre dans la baignoire?

 

Tum­blr regorge tou­jours de bonnes sur­prises. Aujourd’hui on découvre Take­hiro Tera­baya­shi, un illus­tra­teur japo­nais dont l’œuvre ci-dessous, inti­tu­lée Life, trai­nait sur le dash­board de L’imparfaite ce matin.

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Take­hiro est un peintre japo­nais contem­po­rain basé à Osaka dans le Kan­sai depuis 2005. Ces tra­vaux, por­traits, natures mortes et pay­sages, sont dis­po­nibles sur son site. Son blog est égale­ment ali­menté régu­liè­re­ment, si vous par­lez japo­nais bien sûr. Ses des­sins réa­listes de scènes de vie ordi­naire dégagent une étrange impres­sion d’érotisme. Ce couple est là, nu, ils nous regardent et on se sent un peu mal à l’aise d’être entré dans leur inti­mité. Et, en même temps, sur le lit ou dans la bai­gnoire, on vou­drait les rejoindre.

Merci aussi à Take­hiro qui nous fait décou­vrir au tra­vers de son site deux autres artistes peintres ayant tra­vaillé sur le nu. Ci-dessous une oeuvre de Juni­chi Ishida et une de Keni­chiro Ishi­guro. Plai­sir de la sérendipité.

En par­lant de Tum­blr, par­ti­ci­pez à notre nou­veau pro­jet, les corps impar­faits !

Les pénis, ça pousse dans les arbres, tout le monde le sait

Gal­lica, la biblio­thèque numé­rique de la BnF, pro­pose sur sa page face­book de décou­vrir chaque semaine un « invité ». Cette semaine, Dis­car­ding Images, un tum­blr/twit­ter/face­book qui col­lec­tionne les illus­tra­tions médié­vales plus ou moins hila­rantes. À l’affiche sur la page, des images au contenu inat­tendu pour des codex médiévaux.

Accom­pa­gnées de des­crip­tions tout aussi déso­pi­lantes, comme ci-dessus « Penis tree », « L’arbre à pénis ». Ou ci-dessous un flower-farting tele­tubby, télé­tub­bies qui pète des fleurs, extrait du Livre des Hys­toires du mirouer du monde, dis­po­nible à la consul­ta­tion sur le site de Gal­lica.

On vous laisse décou­vrir le reste des images sur le site de Dis­car­ding Images.

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Anders Peter­sen, sublime dépravation au Café Lehmitz

Des hommes saouls jetant des regards lubriques à leurs cama­rades de comp­toir fémi­nines,  des pros­ti­tuées hilares s’embrassant entre elles, de vieilles dames qui montrent leurs seins… autant d’instants pho­to­gra­phiés par le Sué­dois Anders Peter­sen dans un bis­trot de Ham­bourg, entre 1967 et 1970. Bap­ti­sée «Café Leh­mitz  »»(le nom du rade),  c’est la série qui a fait connaître ce pho­to­graphe, exposé en ce moment à l’espace Riche­lieu de la BNF.

 

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Cette photo a servi à faire la pochette de l’album de Tow Waits «Rain Dogs».

A pro­pos du bar, le pho­to­graphe raconte: «Les gens du Café Leh­mitz avaient une pré­sence et une sin­cé­rité dont je man­quais moi-même. Ça n’avait pas d’importance d’être déses­péré, d’être tendre, d’être assis seul ou de par­ta­ger la com­pa­gnie des autres. Il y avait une grande cha­leur et de la tolé­rance dans ce cadre misé­rable

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Une bien­veillance que l’on res­sent dans ses pho­tos, où ne trans­pa­raît jamais de juge­ment moral et où la dépra­va­tion a même quelque chose de sublime. Les gens aux airs pau­més qu’il pho­to­gra­phie débordent de vita­lité, posent et sou­tiennent le regard.

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L’espace clos, qui devien­dra un véri­table objet d’étude dans son tra­vail, rend pal­pable la ten­sion sexuelle qui règne entre ces quatre murs. Espace qu’on ima­gine faci­le­ment saturé des rires et de la cha­leur des corps exu­bé­rants se mou­vant sur le par­quet brûlé par les mégots et les ban­quettes poisseuses.

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Expo jusqu’au 2 février 2014

Mardi — samedi de 10h à 19h, dimanche de 12h à 19h sauf lundi et jours fériés

tarif plein : 7 €, tarif réduit : 5 €

5, rue Vivienne, 75002 Paris

Well, Well, Well, mais qui voilà? Un mook lesbien à soutenir, ami(e)s lectrices et lecteurs

 

Fini le mar­ché de Noël, les guir­landes, din­dons et les restes de repas, le réveillon s’approche et 2014 arrive à grands pas. Pre­mière bonne réso­lu­tion ? Sou­te­nir Well Well Well, nou­veau média lesbien.

 

Il s’agit d’un pro­jet ambi­tieux qui ras­sem­blera repor­tages, enquêtes, pho­to­gra­phies, témoi­gnages, des­sins, récits—bref, un véri­table atlas de formes et de fonds pour dres­ser le por­trait de la culture les­bienne. L’équipe de béné­voles a besoin de votre sou­tien pour réa­li­ser ce pro­jet excep­tion­nel et cet objet trans­verse —le mook—dis­po­nible prin­temps 2014 en ligne et en librairie.

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Pour en savoir plus, L’imparfaite s’est entre­tenu avec Marie Kir­schen, ex-responsable de Tetue.com à l’initiative du projet.

 

L’I: Pour­quoi lan­cer Well Well Well?

 

MK: C’est avant tout pour répondre à un manque. La presse les­bienne a tou­jours été rela­ti­ve­ment peu déve­lop­pée en France. Et cela ne va pas en s’améliorant puisque trois médias les­biens se sont arrê­tées récem­ment: Les­bia maga­zinela Dixième Muse mais aussi Tetue.com, dont j’étais res­pon­sable jusqu’au prin­temps der­nier. Mal­heu­reu­se­ment ce site a été fermé peu après le rachat du maga­zine Têtu.

 

Frus­trée de voir tous ces médias les­biens s’arrêter, j’ai eu l’idée de lan­cer un mook les­bien. J’en ai parlé à des jour­na­listes autour de moi, à des pho­to­graphes, des gra­phistes… Tout le monde était enthou­siaste, parce qu’il y a un vrai besoin. C’est fou qu’au moment où la loi sur le mariage passe, la presse les­bienne soit tou­jours quasi-inexistante. Ces der­niers mois, on n’a pas arrêté de par­ler du mariage et de la PMA et pour­tant les femmes homos ont été bien peu visibles dans les médias…

 

L’I: Y’a-t-il une spé­ci­fi­cité à la culture les­bienne parisienne/française que vous sou­hai­tez mettre en lumière ?

 

MK: Disons que, par rap­port à la culture les­bienne anglo-saxonne, elle est tout sim­ple­ment très peu mise en lumière… C’est un sujet qui inté­resse peu les médias ou les mai­sons d’édition mains­treamWell Well Well a donc un rôle à jouer. Il s’agira d’évoquer l’histoire du mou­ve­ment les­bien fran­çais mais aussi, tout sim­ple­ment, les femmes qui, aujourd’hui, se mobi­lisent pour faire vivre la culture homo en France.

 

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L’I: Qu’est-ce qu’un « mook »? Ce for­mat est-ce un hasard, ou y’a-t-il un rap­port plus par­ti­cu­lier avec votre pro­jet éditorial ?

 

MK: C’est un objet mi-magazine, mi–book. C’est à dire une revue qui allie la démarche jour­na­lis­tique et la qua­lité ico­no­gra­phique d’un maga­zine à l’écriture soi­gnée d’un livre.

 

L’idée est vrai­ment de pro­po­ser quelque chose qui n’a encore jamais été fait sur les thé­ma­tiques les­biennes. Il y a déjà eu des sites, des maga­zines… mais jamais de mook!

 

Cela cor­res­pond par ailleurs très bien au pro­jet édito­rial: ce for­mat per­met de mettre en avant des papiers fouillés et de faire se côtoyer de longs textes et des éléments très visuels comme des port­fo­lios photo.

 

L’I: Ces der­nières années il semble y avoir eu une véri­table explo­sion de revues dédiées à la sexua­lité, à l’érotisme, etc. Com­ment expli­quer cet engoue­ment? En quoi votre pro­jet en par­ti­cipe, en quoi il en diffère?

 

Les jour­na­listes doivent avoir de plus en plus envie de réflé­chir autour de la sexua­lité, de l’érotisme et de pro­duire un dis­cours appro­fondi sur ces thé­ma­tiques… et c’est tant mieux!

 

Il y aura quelques articles sur la sexua­lité dans Well car c’est un sujet pas­sion­nant! Mais cela ne consti­tuera qu’une petite par­tie de l’objet final… Certes, la revue a pour thème l’homosexualité fémi­nine mais ses thé­ma­tiques seront plus larges que juste la sexua­lité: culture, his­toire des mou­ve­ments sociaux, idées, sport… Il y a tel­le­ment de façons de par­ler des lesbiennes!

 

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L’I: L’équipe WWW est nom­breuse, c’est un hasard, un pari, un parti-pris, un prin­cipe éditorial ?

 

MK: Nous sommes une dizaine dans le noyau dur, et plus d’une tren­taine en tout. J’ai pro­posé à pas mal de femmes de par­ti­ci­per à la revue tout sim­ple­ment pour que le résul­tat final soit plus riche. Dans cette aven­ture col­lec­tive, nous avons toutes nos spé­cia­li­tés, nos marottes… Le résul­tat sera for­cé­ment très inté­res­sant avec tous ces pro­fils différents!

 

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